Je ne vois pas mieux, je vois d’ailleurs.
Avanvue est née d’une conviction simple. Les artistes qui comptent se voient parfois avant de devenir évidents, à condition de regarder juste et de regarder longtemps. Ce moment, celui où une œuvre est déjà là mais pas encore reconnue, est celui qui m’intéresse le plus. Je ne prétends pas avoir le meilleur œil. J’ai le mien, et je sais dire pourquoi je m’attarde sur une œuvre plutôt qu’une autre.
J'ai toujours baigné dans l'art. Toute petite déjà, je regardais mon père acheter des œuvres d'artistes alors méconnus, comme Chaïbia. J'en ai d'ailleurs conservé certains tableaux.
J'ai fait mes études d'art en France. J'ai dessiné pendant des années. J'ai collectionné à mon tour. J'ai vécu, entre autres, au Kenya, en Égypte et aux États-Unis. Ces années m’ont appris à regarder l’art dans des contextes très différents, loin d’une seule manière de voir et d’un seul marché. Mon regard s’est construit ainsi, ailleurs, par mes déplacements successifs, loin des cercles du marché parisien. C’est ce qui le rend différent, non pas supérieur.
J'ai vu des artistes remarquables passer dans l'indifférence. Pas parce que leur travail manquait de force, mais parce que le marché de l'art a ses codes, ses circuits.
Il ouvre certaines portes et en laisse d’autres fermées.
Je montre peu. Pour chaque artiste que je présente, j’inscris la date et j’explique pourquoi je l’ai choisi. Un regard qui prétend voir tôt doit accepter d’être jugé sur la durée. Et je ne fais pas que montrer. Je relie. Je mets celui qui crée en présence de celui qui regarde. Chez Avanvue, un collectionneur rencontre une personne et un travail, jamais un catalogue.
Je n'ai jamais exposé mes propres œuvres. Mais j'ai compris que ce n'était pas là que j'étais la plus utile.
Ce que je sais faire, c'est regarder, relier, expliquer, accompagner.
Saliha
Avanvue est ma réponse.
Un espace où je mets en relation des artistes que j’ai choisis avec des collectionneurs qui veulent regarder, comprendre et avancer en confiance.
La Lettre
Toutes les deux semaines, une lettre sur l'art que je regarde vraiment.
Plus lente, plus personnelle, plus libre.